La Révolution française : définition et contexte
La Révolution française désigne la période de bouleversements politiques et sociaux qui, de 1789 à 1799, met fin à l'Ancien Régime, c'est-à-dire à la monarchie absolue et à la société d'ordres. Le pouvoir du roi est limité, puis supprimé, et de nouveaux principes s'imposent : la souveraineté de la nation, l'égalité des citoyens devant la loi et les droits de l'homme.
Pour comprendre pourquoi elle commence, il faut regarder la France de la fin des années 1780. Le royaume est gouverné par Louis XVI, roi depuis 1774, qui détient en théorie tous les pouvoirs. Le pays est le plus peuplé d'Europe occidentale, mais sa société est très inégalitaire, ses finances sont en mauvais état et les idées nouvelles des Lumières y circulent largement. C'est la rencontre de ces difficultés, dans un contexte de mauvaises récoltes, qui rend la crise politique inévitable.
À retenir
La Révolution française s'étend de 1789 à 1799. Elle met fin à la monarchie absolue et à la société d'ordres, instaure une République en 1792 et se termine avec le coup d'État de Napoléon Bonaparte, le 18 Brumaire (9 novembre 1799).
Définition
Ancien Régime
Nom donné rétrospectivement à l'organisation de la France avant 1789 : une monarchie absolue (le roi concentre les pouvoirs) et une société d'ordres (les habitants sont répartis en trois ordres, avec des droits et des devoirs différents selon leur naissance).
Les causes de la Révolution française
La Révolution n'a pas une cause unique. Elle naît de la rencontre de plusieurs crises : des inégalités sociales devenues insupportables pour beaucoup, une grave crise financière de l'État, des difficultés économiques qui touchent surtout le peuple, et une remise en cause des idées qui justifiaient le pouvoir du roi.
Sous l'Ancien Régime, la société est organisée en trois ordres. Le clergé (premier ordre) et la noblesse (deuxième ordre) bénéficient de privilèges, par exemple des exemptions de certains impôts ou des droits honorifiques. Le tiers état (troisième ordre) regroupe tout le reste de la population : paysans, ouvriers, artisans, commerçants, bourgeois. Il paie l'essentiel des impôts et n'a presque aucun poids dans les décisions politiques.
Définition
Société d'ordres
Organisation de la société en groupes juridiquement inégaux selon la naissance : le clergé, la noblesse et le tiers état. Le tiers état représente la très grande majorité des Français mais ne dispose pas des privilèges des deux autres ordres.
La société d'ordres avant 1789
Clergé
1er ordre
Environ 130 000 personnes, soit moins de 1 % de la population. Privilèges honorifiques et fiscaux.
Noblesse
2e ordre
Environ 300 000 à 400 000 personnes, soit 1 à 2 % de la population. Privilèges et droits seigneuriaux.
Tiers état
3e ordre
Près de 98 % des Français : paysans, artisans, bourgeois. Il paie l'essentiel des impôts.
Une crise financière
L'État est très endetté. Les guerres du XVIIIᵉ siècle, dont le soutien à l'indépendance américaine, ont coûté très cher, et les dépenses de la Cour sont élevées. Comme le clergé et la noblesse sont en partie exemptés d'impôts, les ressources de l'État sont insuffisantes. Les ministres de Louis XVI (Turgot, Necker, Calonne, Brienne) tentent des réformes fiscales, mais elles se heurtent à l'opposition des privilégiés : la monarchie ne parvient pas à résoudre le problème.
Des difficultés économiques
Les mauvaises récoltes de 1788 font monter le prix du blé, donc celui du pain, qui est la base de l'alimentation populaire. Dans les villes comme dans les campagnes, une grande partie du budget des familles modestes passe dans le pain. Le chômage et la misère augmentent, et le mécontentement grandit au printemps 1789.
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