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FrançaisSeconde générale

Les figures de style : cours de Français, définitions, exemples et exercices corrigés

Chapitre de Seconde générale

Un cours pas à pas pour reconnaître, nommer et interpréter les figures de style : à quoi elles servent, les figures d'analogie et d'opposition, puis trois exercices avec corrections détaillées. Le début est gratuit, sans compte.

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1. À quoi servent les figures de style ?

Quand on parle ou qu'on écrit, on peut dire les choses de manière directe : « Il fait très froid. » On peut aussi choisir un autre tour pour frapper l'esprit : « Il fait un froid de loup. » Ce second tour de phrase est une figure de style.

Définition

Figure de style

Une figure de style est un procédé d'expression qui s'écarte de la manière la plus simple et la plus courante de dire les choses, pour produire un effet : faire voir, émouvoir, convaincre, insister, surprendre ou faire sourire.

Sens propre et sens figuré. Une figure de style joue souvent sur le passage du sens propre au sens figuré :

  • au sens propre, un mot a son sens premier : « un lion » est un animal ;
  • au sens figuré, il prend un autre sens, par rapprochement : « cet homme est un lion » signifie qu'il est courageux et puissant.

À quoi servent-elles ? Les figures de style sont partout : en poésie, au théâtre, dans les romans, mais aussi dans la publicité, les discours politiques et la langue de tous les jours (« avoir un cœur de pierre », « être rouge comme une tomate »). Elles servent à :

  • embellir et donner du rythme au texte ;
  • faire voir une idée de manière concrète, en créant une image ;
  • insister sur ce qui est important ;
  • émouvoir ou persuader le lecteur ;
  • dire autrement ce que l'on veut adoucir ou rendre plus fort.

Méthode : repérer une figure en trois questions

  1. Où est-elle ? Repère le passage qui s'écarte d'un énoncé simple (image, opposition, répétition, exagération…).
  2. Comment s'appelle-t-elle ? Cherche ses éléments (outil de comparaison, deux mots contraires, mot répété…) pour la nommer.
  3. Quel est son effet ? Explique ce qu'elle fait ressentir ou comprendre dans ce texte.

Ne te contente pas de nommer

Une analyse qui se limite à « il y a une métaphore » ne vaut presque rien. Ce qui compte, c'est l'interprétation : que veut dire cette image, et pourquoi l'auteur la choisit-il ?

2. Les figures d'analogie : comparaison, métaphore, personnification

Les figures d'analogie rapprochent deux réalités qui ont un point commun, pour faire comprendre ou voir l'une grâce à l'autre. Elles se composent de deux éléments : le comparé (ce dont on parle) et le comparant (ce à quoi on le rapproche).

FigureDéfinitionExemple
ComparaisonRapprochement de deux éléments à l'aide d'un outil de comparaison (comme, tel, pareil à, semblable à, ressembler à, on dirait…)« Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville » (Verlaine)
MétaphoreRapprochement sans outil de comparaison : le comparant remplace le comparé« La Nature est un temple où de vivants piliers / Laissent parfois sortir de confuses paroles » (Baudelaire)
PersonnificationDonner des traits, des actions ou des sentiments humains à un animal, une chose ou une idée« La mer caresse la plage. »

Comparaison ou métaphore ?

Cherche l'outil de comparaison. S'il est présent, c'est une comparaison (« Il est fort comme un lion »). S'il est absent et que le comparant est directement identifié au comparé, c'est une métaphore (« Cet homme est un lion »).

Exemple corrigé : analyser une métaphore

Énoncé

Dans la phrase « Ses cheveux étaient une cascade d'or », identifie le comparé, le comparant, la figure et son effet.

Solution

  • Comparé : « ses cheveux » ; comparant : « une cascade d'or ».
  • Figure : une métaphore, car il n'y a pas d'outil de comparaison (le verbe « étaient » identifie directement les cheveux à une cascade).
  • Effet : l'image de la cascade évoque l'abondance et le mouvement ; « d'or » suggère la couleur blonde et la beauté, tout en donnant de la valeur à la chevelure.

Exemple corrigé : distinguer trois figures

Énoncé

Nomme la figure de chaque phrase : (a) « Elle est belle comme le jour. » (b) « Cet enfant est un rayon de soleil. » (c) « Le vent murmure à l'oreille des arbres. »

Solution

  • (a) Comparaison : l'outil « comme » relie « elle » à « le jour ».
  • (b) Métaphore : « est un rayon de soleil » identifie l'enfant à une source de lumière et de joie, sans outil de comparaison.
  • (c) Personnification : le vent « murmure à l'oreille », ce qui est une action humaine ; il est montré comme quelqu'un qui confie un secret.

Attention à « comme »

Tous les « comme » ne sont pas des outils de comparaison : dans « Il est parti comme je l'avais prévu », « comme » signifie « ainsi que » et ne rapproche rien. Une comparaison rapproche deux réalités différentes.

3. Les figures d'opposition : antithèse et oxymore

Les figures d'opposition mettent en contraste deux idées contraires pour les faire ressortir, ou pour exprimer une situation contradictoire.

FigureDéfinitionExemple
AntithèseOpposition de deux mots ou de deux idées de sens contraire dans une même phrase ou dans des phrases proches« Je vis, je meurs ; je me brûle et me noie » (Louise Labé)
OxymoreAssociation, dans un même groupe de mots, de deux termes contradictoires« Cette obscure clarté qui tombe des étoiles » (Corneille, Le Cid)

Antithèse ou oxymore ?

Dans une antithèse, les deux termes opposés restent séparés (« je vis, je meurs »). Dans un oxymore, ils sont accolés et forment un seul groupe (« obscure clarté » : un adjectif et son nom). L'oxymore est donc une contradiction concentrée en deux mots.

Exemple corrigé : trois exemples

Énoncé

Nomme la figure : (a) « Un silence assourdissant. » (b) « Le jour et la nuit se disputent le ciel. » (c) « Elle riait et pleurait en même temps. »

Solution

  • (a) Oxymore : « silence » et « assourdissant » sont contradictoires et forment un seul groupe nominal. Effet : un silence si pesant qu'il en devient presque bruyant.
  • (b) Antithèse : « le jour » et « la nuit » sont deux termes opposés, restés distincts dans la phrase. Effet : un contraste de lumière et d'obscurité.
  • (c) Antithèse : « riait » et « pleurait » opposent deux comportements. Effet : un mélange d'émotions contraires.

Une opposition doit avoir un effet

Ne signale pas une antithèse dès que deux mots sont différents : il faut qu'ils soient contraires et qu'ils produisent un effet de contraste (insister, dramatiser, exprimer un déchirement, comme chez Louise Labé).

4. Résumé et méthode

À retenir

  • Une figure de style s'écarte du langage simple pour produire un effet.
  • Comparaison : avec un outil de comparaison ; métaphore : sans outil ; personnification : traits humains donnés à une chose, un animal ou une idée.
  • Antithèse : deux idées contraires séparées ; oxymore : deux termes contradictoires accolés.
  • Toujours : repérer, nommer, interpréter.

Erreurs fréquentes

  • Nommer sans expliquer l'effet de la figure.
  • Confondre comparaison et métaphore : regarde l'outil de comparaison.
  • Confondre antithèse et oxymore : sont-ils séparés ou accolés ?
  • Voir une figure partout : tout « comme » n'est pas une comparaison.

Trois exercices d'application

Exercice 1 : nommer la figure

Facile

Nomme la figure de style de chaque phrase : (a) « Cet homme est un lion. » (b) « Il est fort comme un lion. » (c) « Une obscure clarté. » (d) « Le soleil se lève en souriant. »

Voir la correction détaillée
  • (a) Métaphore : « est un lion » sans outil de comparaison.
  • (b) Comparaison : l'outil « comme ».
  • (c) Oxymore : « obscure » et « clarté » sont contradictoires et accolés.
  • (d) Personnification : le soleil « sourit », comme un être humain.

Exercice 2 : analyser un vers

Moyen

Dans « Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville » (Verlaine), identifie la figure et explique son effet.

Voir la correction détaillée
  • Figure : une comparaison, introduite par l'outil « comme ». Le comparé est la tristesse qui « pleure » dans le cœur du poète ; le comparant est la pluie qui tombe sur la ville.
  • Effet : le rapprochement donne à la tristesse la même continuité et la même monotonie que la pluie : elle est diffuse, insistante, impossible à arrêter. Le verbe « pleure » employé pour le cœur est lui-même une façon de parler d'une larme comme d'une pluie.

Exercice 3 : écrire avec des figures

Moyen

Écris deux phrases sur la rentrée des classes : l'une avec une métaphore, l'autre avec une antithèse. Souligne les éléments qui permettent de les nommer.

Voir la correction détaillée

Exemples de réponses possibles.

  • Métaphore : « La cour du lycée est une fourmilière en ébullition. » Le comparé est « la cour du lycée », le comparant « une fourmilière » ; il n'y a pas d'outil de comparaison. L'image suggère une agitation intense et organisée.
  • Antithèse : « Certains arrivent la peur au ventre, d'autres la joie au cœur. » « La peur » et « la joie » sont deux sentiments contraires, gardés distincts. L'antithèse met en valeur la diversité des élèves.

Critères de réussite : la figure est bien celle demandée, on peut identifier ses éléments, et la phrase a un effet clair.

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  1. VerrouilléLes figures de substitution et d'atténuation
  2. VerrouilléLes figures d'insistance et d'amplification
  3. VerrouilléLes figures de construction et de sonorité
  4. VerrouilléAnalyser une figure de style : la méthode
  5. VerrouilléExercices progressifs avec corrections détaillées
  6. VerrouilléQuiz final de 10 questions avec explications